Le Palais vu par son architecte .

Le bâtiment, ses secrets, ses intentions, décryptés par son architecte



Renzo Piano

Issu d’une famille de constructeurs, Renzo Piano est né à Gênes en 1937. Il y noue des liens culturels et expressifs très forts avec la vieille ville, le port et le métier de son père. Pendant ses études universitaires, à l’école polytechnique de Milan, il travaille chez Franco Albini. Après avoir obtenu son diplôme d’architecte en 1964, il se met à expérimenter des structures légères, mobiles et temporaires. De 1965 à 1970, il fait de nombreux voyages de recherche et de découverte en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.
En 1971, il fonde à Londres l’étude « Piano & Rogers » en collaboration avec Richard Rogers, avec lequel il remporte le concours pour le Centre Pompidou de Paris, ville dans laquelle il s’installe. Du début des années 70 aux années 90, il collabore avec l’ingénieur Peter Rice avec lequel il crée l’ « Atelier Piano & Rice » qui fut actif de 1977 à 1981. En 1981, il fonde « Renzo Piano Building Workshop », un bureau qui compte environ 150 personnes et qui a des sièges à Paris, Gênes et New York.


Questions à Renzo Piano

Quelle valeur symbolique revêt pour vous cet édifice ?

C’est par sa transparence, sa clarté, sa précision que ce bâtiment peut aspirer à une valeur symbolique. Une forme pérenne, presque mathématique, radicale, sans arrogance et sans pesanteur.


Questions à Renzo Piano

Quelle est la prise en compte du développement durable dans votre projet ?

C’est essentiel. Noblesse oblige. La nature s’invite de force dans le Palais de Justice. Le développement durable est désormais une notion qui s’impose à notre société. Nous aurons le premier Immeuble de Grande Hauteur français qui tend vers le respect des exigences du Plan Climat de Paris. Nous utilisons la ventilation naturelle pour certaine parties, le photovoltaïque et la lumière naturelle, mais surtout l’élément végétal. Près de 10 000 m2 de terrasses plantées seront l’emblème de ce bâtiment à l’horizon du grand Paris.


Questions à Renzo Piano

Ce bâtiment est-il conçu pour rapprocher le citoyen de la Justice ?

La justice est une notion culturelle de la société. Elle peut être rendue hors du Palais; sous un chêne par exemple…
Si notre bâtiment permettait au citoyen d’appréhender la justice avec une certaine sérénité, ce sera parce que ce bâtiment est clair, léger, transparent, lumineux et ouvert sur la ville. Il sera l’antithèse du palais intimidant, hermétique et sombre du passé.


Questions à Renzo Piano

C’est le plus grand Palais de Justice de France…

Un Palais de Justice est comme une petite ville avec beaucoup de choses différentes qui doivent se passer en harmonie. Elle peut être naturellement une ville horizontale, comme c’est le cas aujourd’hui, mais les distances sont grandes, la consommation d’espace importante, et cela n’est pas très fonctionnel. Cette ville peut aussi être verticale et c’est mieux, elle est plus fonctionnelle, prend moins d’espace au sol et peut rester dans le cœur de la ville, à proximité des usagers. Vertical ne veut pas dire tour.
C’est ça aussi la modernité, rester dans la ville, mais en se redressant, ce Palais de Justice doit retrouver en lui-même des parvis, des jardins, des boulevards, et même des maisons, adaptées aux besoins et agréables à vivre.
Et ainsi, en construisant vertical, un Palais de Justice ne peut pas être une tour comme les autres. Il ne peut pas ressembler à un grand bâtiment de bureaux. Il se doit d’exprimer autre chose. Voilà pourquoi ces jardins suspendus, voilà pourquoi ce paquebot à plusieurs ponts et lieux de rencontres qui se pose, léger, sur son parvis.

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